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SaaS, le modèle d’affaire pour le logiciel libre?

2 avril 2009

SaaS (Software as a Service) est un principe qui consiste  à fournir des logiciels sous la forme de service (web) par opposition au modèle traditionnel de client lourd ou de client-serveur. Ce nouveau paradigme en vogue est particulièrement bien exploité par les entreprises comme Google avec leurs différents services (Gmail, Agenda et surtout Google Documents) et les différents CRM (Customer Relationship Management) comme SalesForce.

Les principales forces de ce modèle sont la flexibilité (la possibilité d’ajouter des utilisateurs de façon quasi illimité ou “scalability” en anglais), les coûts limités à l’utilisation et aux fonctions nécessaires (par exemple, si vous n’avez besoin que d’un tableur et un logiciel de traitement de texte, vous ne payez que pour ces deux items et pas pour la suite bureautique complète). On peut citer le déploiement très rapide (sinon instantané dès que le service est demandé) et surtout dans le cas qui nous concerne (les ultraportables et netbooks), le peu de ressources clients nécessaires puisque les applications sont hébergées sur un serveur (bien que certaines fonctionnalités soient effectuées du côté client, la plupart des traitements lourds, calculs, logique, etc. sont effectués du côté serveur).

En contrepartie, le client bénéficie de moins de contrôle sur ses applications, l’intégration avec les systèmes existants est plus incertaine, mais surtout, des enjeux de sécurité et de confidentialité sont importants. Sommes-nous prêt à confier nos fichiers personnels ou confidentiels à un tier? Certes, cette pratique peut procurer un certain sentiment de sécurité puisque la disponibilité de nos données n’est plus tributaire de notre système informatique personnel. Par contre, comment pouvons-nous être à l’abris d’une brèche de sécurité de notre fournisseur de service qui exposerait nos données à des actes criminels potentiels?

Toutes ces questions pourraient faire l’objet d’un débat intéressant (article prochain peut-être?), mais revenons à nos moutons… Qu’est-ce que le logiciel libre vient faire dans tout ça me direz-vous? C’est que plusieurs compagnies offrant des SaaS (compagnies internet, telcos, entrepôts de données en ligne, etc.) font de l’argent (et beaucoup!) grâce à des logiciels libres. Linux, Apache, PHP, MySQL, Postfix, Sendmail, ne sont que quelques exemples de logiciels libres qui supportent l’infrastructure des SaaS. C’est que ces logiciels libres sont particulièrement bien adaptés à ce genre de besoins: ils sont fiables, sécuritaires, solides, flexibles et surtout, gratuits.

Bien que ce modèle d’affaire semble être, à première vue, très intéressant pour les logiciels libres, très peu profitent des revenus générés. De fait, tout est une histoire de licence (encore!). Si la licence GPL (2 ou 3) interdit l’exploitation commerciale par les moyens traditionnels, rien n’empêche d’offrir des services commerciaux (lucratifs), même si ceux-ci sont offerts à l’aide de logiciels libres.  Ces entreprises peuvent donc impunément utiliser des logiciels libres, les modifier et les intégrer afin de satisfaire leur modèle d’affaire sans devoir rendre publique leurs modifications. C’est pourquoi nous avons vu l’apparition de la licence Alfero qui permet de régulariser la situation. Il faudra donc trouver une façon de mieux partager le succès d’affaire de ce modèle entre les différents intervenants. Des suggestions?

Dans nos prochains articles, nous aborderons davantage la question de la confidentialité et nous verrons quelques exemples de succès des SaaS. Bien entendu, vos commentaires sont toujours les bienvenus!

Quelques liens intéressants à lire sur le sujet:

http://jeanpierrecorniou.typepad.com/technologie_et_socit_de_l/2008/01/vous-avez-dit-s.html

http://opensource.sys-con.com/node/531617

http://fr.wikipedia.org/wiki/Software_as_a_service

8 commentaires

  1. J’ai entendu dire que la version de Windows qui succédera à Seven ne consistera presque entièrement en un agglomérat de SaaS. Personnellement, je trouve ça dommage. C’est vrai qu’il s’agirait là d’une belle révolution dans le domaine de l’informatique, mais ma conception d’un ordinateur va au-delà des simples relations transactionnelles avec un fournisseur de services.

    Comment vont-ils pouvoir déservir les postes n’ayant pas de connexion Internet/réseau? Je crois que Microsoft va (une fois de plus) se tirer dans le pied si elle opte pour cette direction.


  2. Merci Philippe pour le commentaire. Je trouve très intéressante ta formulation: “mais ma conception d’un ordinateur va au-delà des simples relations transactionnelles”. SaaS est vraiment un changement de relation entre l’humain et l’ordinateur et ce n’est pas certain que ça va passer… Enfin pas pour tous les logiciels à mon avis.

    En ce qui concerne ta préoccupation pour la disponibilité de l’internet, c’est technique, mais disons simplement que les SaaS ne font pas abstraction complète du poste client, ce qui n’excluent pas la possibilité de stocké localement une partie des applications afin que celles-ci puissent être utilisées “offline”. C’est le cas entres autres de Google Gears (http://gears.google.com/) qui permet d’accéder à certaines applications Google (dont Gmail et Google Docs) sans être connecté à l’internet.


  3. Il est évident que ce type de technologie ne pourraient pas s’appliquer à toutes types d’entreprises. Certaines PME, surtout celles en région, n’ont pas la possibilité de se procurer un Internet à Haute-Vitesse. Afin d’avoir une bonne fluidité avec l’interface de ces logiciels, la Haute-Vitesse est primordial.

    Mais le point que je voulais amener est plutôt au niveau de la confidentialité des actifs informationnelles. Pour certaines entreprises, l’idée d’avoir ses informations sensibles chez un fournisseurs leur donne au ventre.


  4. Tout-à-fait! Surveillez mon prochain article qui traitera justement de la confidentialité des données dans le “cloud computing”…


  5. Pour ce qui est du cloud computing, la facilité d’installation et la diminution des besoins de gestion technique aide beaucoup à son intégration dans les entreprises. http://www.clear-health.com est une compagnie de logiciels libres médicaux qui offre un service de cloud computing sur des serveurs amazon.com. Si tu veux je peux te faire un article plus en détail dessus.


  6. Lâches-toi lousse Louis! De mon côté, je prépare un article sur la confidentialité des données, les SaaS et les logiciels libres…


  7. Je crois qu’il est possible d’éviter le problème de confidentialité. En fait, je crois que pour une entreprise c’est quand même facile à faire, c’est de créer un serveur. Prochainement, Ubuntu 9.04 être lancé et cette version inclura Eucalyptus (un système de Cloud Computing Open Source). C’est surtout lancé pour tester et expérimenté l’engin. De cette façon, les entreprises pourront permettre aux Netbook de se connecter au serveur et faire du cloud computing!!


  8. [...] ses propres SaaS et s’assurer du contrôle de ses serveurs et de leur sécurité (merci à jlachance pour son commentaire sur [...]



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